vendredi 26 juin 2009

Un été SaGa

Si vous êtes un fan incontesté de la saga SaGa (il en existe ?), vous n'avez sans doute pas raté l'annonce spectaculaire de Square Enix, il y a quelques semaines : la société compte en effet publier un coffret de 20 disques, ni plus ni moins, regroupant purement et simplement toutes les musiques de la série, soit environ 500 morceaux. 21 disques, en vérité, puisqu'un DVD contenant des interviews sera également de la partie. Le prix est évidemment à la hauteur de cette démesure : 21.000 yens, soit plus de 150 euros. C'est le plus gros coffret musical jamais commercialisé par Square Enix, et l'un des plus conséquents de l'histoire de la VGM (pour l'anecdote, Namco a failli sortir une compilation de 39 CD il y a 4 ans). Sortie prévue le 26 août prochain au Japon. Vous pourrez le faire importer, bien sûr, mais sachez qu'avec 1,7 kilos au compteur, les frais de port risquent d'être salés. Le site officiel du bijou est accessible à cette adresse, et le contenu est détaillé sous la jaquette :

  • CD1 : Makaitôshi SaGa, 1989, Nobuo Uematsu
  • CD2 : SaGa 2 Hihô Densetsu, 1990, Nobuo Uematsu et Kenji Itô
  • CD3 : Jikû no Hasha SaGa 3, 1991, Ryuji Sasai et Chihiro Fujioka
  • CD4 : Romancing SaGa, 1992, Kenji Itô
  • CD5 : Romancing SaGa 2, 1993, Kenji Itô
  • CD6 à 8 : Romancing SaGa 3, 1995, Kenji Itô
  • CD9 à 11 : SaGa Frontier, 1997, Kenji Itô
  • CD12 à 14 : SaGa Frontier 2, 1999, Masashi Hamauzu
  • CD15 et 16 : Unlimited: SaGa, 2002, Masashi Hamauzu
  • CD17 à 20 : Romancing SaGa -Minstrel Song-, 2005, Kenji Itô
Square Enix aurait même pu pousser le vice jusqu'à y ajouter les différents albums arrangés de la série, ce qui aurait ajouté quatre disques au total. Auquel cas il aurait fallu se dispenser de la mention "Original Soundtrack" sur le boîtier, mais rien n'est impossible. Il est assez ennuyeux de constater que la branche musicale de la société se refuse toujours à rééditer la bande originale d'Unlimited SaGa à part, ce qui est un vrai crime contre la VGM de qualité. Peut-être en verrons-nous la couleur à l'occasion de la promotion autour de la sortie de la bande originale de Final Fantasy XIII ? (pardonnez-moi, je rêve déjà !)

Ce coffret compte néanmoins un grand absent. Et pour cause : le jeu en question n'est pas encore sorti. SaGa 2 Hihô Densetsu: Goddess of Destiny est le remake sur DS du deuxième épisode de la série, et Square Enix vient tout juste d'annoncer sa date de sortie japonaise. Ce sera le 17 septembre. Mais que les mélomanes se rassurent, la société vient aussi d'annoncer qu'une bande originale sera publiée à part. Le lancement est fixé au 9 septembre prochain, et les précommandes vont commencer le 30 juin. Comme il n'y a qu'un seul disque, l'addition est déjà bien plus légère : 2500 yens (environ 18 euros). Et le poids est normal.


Les musiques originales étaient composées par Nobuo Uematsu et Kenji Itô, et c'est ce dernier qui a été appelé par les développeurs pour mettre tout ça à jour. Il y a un extrait sur le site officiel de l'album, ainsi que sur celui du jeu (une reprise de Uematsu).

vendredi 5 juin 2009

Final Fantasy XIV, par Nobuo Uematsu

C'est la grande nouvelle de l'E3 pour les férus de VGM, à n'en point douter. Nobuo Uematsu a ainsi été désigné pour composer l'intégralité des musiques de Final Fantasy XIV, le nouveau MMORPG événement de Square Enix, prévu actuellement sur PlayStation 3 et PC. Et je dis bien l'intégralité, puisque le musicien ne sera assisté d'aucun autre compositeur (au moins pour la version de base du titre), comme le confirme le blog de Dog Ear Records. Le dernier épisode sur lequel le musicien a travaillé en solo était Final Fantasy IX, sorti en 2000 au Japon. Pour rappel, il devrait aussi écrire la chanson thème de Final Fantasy XIII. Ce dernier est prévu pour fin 2009 au Japon, alors la chanson sera peut-être révélée au cours des prochains mois ! En attendant, son successeur Masashi Hamauzu n'a sans grande surprise produit que des merveilles, comme on a pu le constater dans la démo jouable.

Yoshitaka Amano est là lui aussi !

Mais je m'égare. Pour en revenir à FFXIV (j'ai du mal à croire que je parle de ce jeu !), le site américain IGN tient de la bouche même des développeurs de Square Enix que Nobuo Uematsu va explorer une grande variété de styles. Les premiers extraits disponibles versent dans un style épique tout à fait approprié pour ce type d'aventure. Voyez la première bande annonce du jeu ainsi que le site officiel. Le jeu est prévu pour le courant de l'année 2010 en sorte simultanée au Japon, en Amérique et en Europe. Vivement de nouveaux extraits !

lundi 1 juin 2009

Interview : Hiroki Ogawa (Dog Ear)

Hiroki Ogawa est à la tête de Dog Ear Records, le label fondé par Nobuo Uematsu. Il est plus connu sous le pseudonyme de wappa, qu'il utilise sur le blog du label, mais il a aussi organisé les concerts de Lost Odyssey et Blue Dragon, ainsi que des Black Mages. Afin de rapprocher le public des musiciens, Dog Ear Records s'est lancé dans une série de spectacles au Japon, nommée Shinzoku Kaigi. La deuxième représentation s'est tenue récemment, et le public pouvait y rencontrer le quatuor CELLYTHM. Cet ensemble de violoncellistes interprète des reprises de groupes de rock, mais aussi de thèmes de la série Final Fantasy. Actuellement, Hiroki Ogawa travaille sur la bande originale de Guin Saga, la série animée dont la musique a été écrite par Nobuo Uematsu. Dog Ear Records vient également de publier sur iTunes le premier single du prochain album solo du compositeur, "Here Comes Conga Boy".

Interview réalisée par Jeriaska, traduite du japonais par Ryojiro Sato, de l'anglais par Jérémie Kermarrec. Le texte est disponible en anglais sur GameSetWatch et en italien sur Gamesource.it.


Parmi les projets de Dog Ear Records, un DVD du concert Darkness and Starlight des Black Mages a récemment été publié au Japon. Avez-vous eu à surmonter des défis lors de l'organisation de son concert ?

Pour ce concert, nous avons proposé la musique de l'opéra de Final Fantasy VI. Il y avait près de vingt acteurs sur scène, ce qui n'arrive pas très souvent. Auparavant, il n'y avait que les Mages et le public. Nous ne pouvions répéter que dans un petit studio, et tout le monde était serré. Le jour du concert, c'était la première fois que tout le monde jouait sur scène ensemble.

Malgré ces défis, l'opéra a été un franc succès. Vous pouvez le voir en regardant le rappel, "Neo EXDEATH", que les musiciens étaient vraiment heureux d'avoir pu y arriver.

Le DVD n'est pas zoné, ce qui permet de l'importer facilement. Comptez-vous le distribuer en dehors du Japon ?

Pour le DVD, je n'en suis pas sûr, mais j'aimerais le négocier. On me le demande à chaque fois que je vais à l'étranger, pour la tournée Distant Worlds.

Quelles sont les principales différences, selon vous, entre des concerts comme Darkness and Starlight des Black Mages et les spectacles Shinzoku Kaigi ?

Le planning des concerts des Black Mages est très serré, le public se concentre sur ce qu'il se passe sur scène. Les spectacles Shinzoku Kaigi, en revanche, ont une ambiance plus chaleureuse, alors nous n'avons pas besoin de nous tenir au planning. Le spectacle devait durer deux heures, mais nous avons débordé de près de trente minutes.

L'ambiance de ce type de rencontre dépend du public, et c'est pour cela que nous les organisons. Cela donne l'occasion de communiquer directement avec le public, jusqu'à faire la queue pour se serrer la main après.


L'expression Shinzoku Kaigi signifie "rencontre familiale". Qu'est-ce qui selon vous a motivé l'idée de cette série d'événements ?

Nous avons organisé le premier Shinzoku Kaigi en novembre dernier à Daikanyama [un quartier de Shibuya, à Tokyo]. La salle de concert pouvait accueillir environ mille personnes, mais la prochaine fois nous en attendons 250 à la salle DUO de Shibuya.

Cet événement permet à la fois de promouvoir les artistes dont la musique a été distribuée par notre label, et d'offrir un spectacle mémorable à ceux qui viennent les écouter. Parmi les participants se trouvaient Suika Yonezawa, une chanteuse dont les premiers titres ont été publiés sur iTunes. Il y avait aussi Manami Kiyota, connue pour sa participation à Final Fantasy Song Book mahoroba.

Ensuite, CELLYTHM a joué, puis il y a eu une discussion menée par Tsutomu Narita, un arrangeur qui a travaillé sur Guin Saga. A la fin de l'événement, il y a eu une présentation organisée par Michio Okamiya et Kenichiro Fukui des Black Mages.

La bande originale de Guin Saga devrait sortir le 24 juin. Comme il s'agit d'un anime, est-ce un projet différent pour Dog Ear Records ?

La musique de Uematsu pour Guin Saga est très réussie. Bien sûr, la principale différence entre les jeux et les animes vient du fait que dans les premiers, la musique joue en boucle. Par exemple, dans un jeu, une piste se lance quand vous entrez dans un village. Mais comme les créateurs ne peuvent pas savoir quand vous allez quitter ce village, la musique est fait de telle sorte qu'elle joue indéfiniment. En revanche, dans les animes, la production contrôle ce qu'il se passe à la seconde près. Pour cela, le processus de base de la composition est très différent entre les jeux et les animes.

Comment se fait-il que Dog Ear Records travaille avec Aniplex pour la bande originale ?

Nous avons reçu une demande de [Henry] Goto, d'Aniplex, l'un des producteurs de Guin Saga. Il cherchait obstinément le compositeur idéal pour le projet et, un jour, il a entendu le thème de combat de Lost Odyssey dans les bureaux d'Aniplex. Il a appris qu'il était signé Nobuo Uematsu, de la série Final Fantasy, et a stipulé que c'était le son idéal pour le projet.


Vous écrivez sur le blog de Dog Ear Records sous le surnom Wappa. Y a-t-il une différence entre vos tâches en tant que Wappa et en tant que M. Ogawa ?

Ce n'est pas vraiment important, mais vous savez peut-être que les Japonais aiment ajouter "ppa" et "cchi" à la fin des surnoms ? Il se trouve que dans l'un de mes précédents jobs, on m'appelait "Ogawappa". Vous savez tout.

Je crois que je suis connu à la fois en tant que Wappa et en tant qu'Ogawa. Certains croient peut-être que ce sont deux personnes différentes. (rires) En fait, il y a une histoire derrière cela. Quand j'ai commencé à travailler pour la société, nous avons pensé, pour des raisons d'organisation, qu'il fallait séparer les activités de répondre aux demandes des clients et d'écrire sur le blog. J'ai donc utilisé deux noms pour ces tâches séparées. Mais maintenant, on me connaît plus en tant que Wappa, et j'espère que de plus en plus de personnes en dehors du Japon me connaîtront ainsi aussi. (rires)

Vous avez parlé de CELLYTHM. On associe rarement le violoncelle au hard rock, mais plusieurs de leurs pistes sont des reprises des Black Mages. Comment avez-vous décidé que ce quator convenait à des arrangements hard rock de la série de Square Enix ?

CELLYTHM a débuté quand nous réfléchissions à la première partie du concert Darkness and Starlight des Black Mages. Ante [de Final Fantasy Remix] était déjà prévu, mais il nous fallait un autre groupe.

Un peu avant, Uematsu avait découvert Apocalyptica, un groupe de heavy metal finlandais qui comprend trois violoncellistes et un batteur. Il aimait le résultat et a donc eu l'idée de trouver un ensemble de violoncelles. Il adore les grandes possibilités offertes par cet instrument, et ses ressemblances avec la voix de l'homme. L'idée était de trouver quatre femmes capable de jouer des morceaux de rock avec le violoncelle, pour couvrir le répertoire des Black Mages et de quelques groupes de rock et années 70 et 80.

L'un des critères clés était qu'elles devaient pouvoir jouer de manière agressive, quelque chose de plutôt inhabituel pour les joueurs de musique classique. Finalement, nous avons choisi un homme et trois femmes pour composer le groupe. Ils ont joué trois arrangements de Final Fantasy lors de la première partie des Black Mages.


Qui a arrangé la musique des Black Mages pour le violoncelle ?

Pour le concert, tous les arrangements étaient signés CELLYTHM. Pour leur album, Cellythm - Those Who Distorted, les arrangements ont été réalisés par L.Gallardo d'Anata o Yurusanai, Narita de Guin Saga et Okamiya des Black Mages.

L'album sera-t-il disponible sur iTunes, comme les précédents sorties de Dog Ear Records ?

Nous avons récemment réfléchi à cette possibilité. Notre priorité reste de distribuer notre musique en dehors du Japon.

Que pouvez-vous nous dire de NOBIYO Uematsu and the Dog Ears, le prochain projet sur lequel travaille Dog Ear Records ?

C'est un album joyeux dont l'une des compositions devrait contenir des paroles que Uematsu a écrit quand il était au collège. Dans le travail, il n'est pas toujours possible de faire ce que l'on veut vraiment. C'est la raison pour laquelle, pour ce projet, Uematsu écrit la musique qu'il veut écrire.

L'album devrait aussi être accessible pour un jeune public. Uematsu s'inspire du style de ses premières compositions pour toutes les pistes de l'album. Nous en sommes à la préparation, mais l'une des pistes écrites récemment ["Here Comes Conga Boy"] est terminée et disponible sur iTunes.

C'est à 100% ce que Uematsu veut faire actuellement. Cela fait plus de vingt ans qu'il écrit de la musique de jeu vidéo, alors après tant d'années de labeur, ce type de projet devient particulièrement précieux. C'est pour cela que je pense qu'il apprécie vraiment ce projet.

-------------------------------------------------------------

[Images : Aniplex Records et Dog Ear Records. Photos : Jeriaska]

vendredi 29 mai 2009

L'été selon Nobuo Uematsu

Je ne sais pas pour vous, mais aujourd'hui vendredi 29 mai, le temps est magnifique par chez moi. C'est donc avec un plaisir de circonstance que j'ai téléchargé le premier single du futur album solo de Nobuo Uematsu, un disque intitulé 10 Stories. Il avait déjà été évoqué par le compositeur il y a quelques semaines dans une interview (voir le forum), mais c'est désormais du sérieux. Tel que l'indique le site officiel du single, Nobuo Uematsu a composé et écrit les paroles de toutes les chansons de ce nouveau projet. La première chanson se nomme "Here Comes Conga Boy", et pour dire les choses simplement, ça dépote pas mal.


La chanson est disponible dans le monde entier via iTunes (pour la France, cliquez ici !). Comme le champ Artiste est resté en japonais (ça aide pour vendre, faut dire), sachez que le petit groupe qui se cache derrière ce concentré de joie porte le nom de NOBIYO Uematsu and the Dog Ears. Totalement Katamari Damacy dans l'esprit, cette première chanson laisse espérer un album très festif. Il ne reste plus qu'à espérer connaître la date de sortie du disque entier dans un futur proche.

jeudi 28 mai 2009

Critique éclair : Sanctuary

Sanctuary / THE STAR ONIONS
Musique composée par Naoshi Mizuta, Kumi Tanioka et Nobuo Uematsu, arrangée par Takahito Eguchi, Masakazu Sugimori, Masato Kôda et Naoshi Mizuta. Cliquez ici pour plus d'informations.

Le premier album des Star Onions n'était pas toujours du meilleur goût, il faut bien l'admettre. Je passe sous silence les désastres signés Masato Kôda (ne l'accablons pas). Mais le reste avait souvent un côté synthétique trop prononcé, pas forcément en accord avec l'univers de Vana'diel, aux inspirations médiévales et exotiques. Naoshi Mizuta a rectifié le tir avec ce deuxième album, au nom lui-même évocateur : Sanctuary. On ne sait plus trop ce à quoi correspond le nom du groupe, puisque seul Mizuta joue d'un instrument sur le disque, mais cela n'a pas vraiment d'importance... Sanctuary est une franche réussite, portée par le son tantôt apaisant, tantôt mystérieux des instruments acoustiques. Le synthétiseur est banni, c'est tout juste si les deux dernières pistes rappellent à certains égards le côté electro-pop du dernier album. Entre les ballades portées par la flûte ou la guitare ("Voyager" et "Gustaberg", fantastiques), les ambiances lugubres mais fascinantes où se glisse parfois l'accordéon ("Xarcabard" et le thème de Promyvion) et les fusions tango-rock-acoustique totalement jouissives ("Fighters of the Crystal" et "Rapid Onslaught -Assault-" !), le disque a beaucoup à offrir. A écouter et réécouter sans cesse en cette fin de printemps où la chaleur nous gagne à nouveau.

Appréciation : excellent

Voyez également mon article sur FFWorld, pour en savoir plus.

mercredi 6 mai 2009

Persona 4, interview avec Shoji Meguro

C'est la semaine dernière qu'est sorti au Japon le remake sur PSP du premier Persona, publié par Atlus. Pour la première fois, le compositeur Shoji Meguro est en charge de la réalisation. En ce début mai sort également, en Amérique cette fois, le nouvel épisode de la série Devil Summoner, Raidô Kuzunoha VS. King Abaddon. La bande originale est composée par Meguro lui-même. En août de cette année, trois morceaux de Persona 4, écrits par le compositeur, figureront au programme du concert Press Start: Symphony of Games au Tokyo Metropolitan Art Space à Ikebukuro. Dans cette interview, Shoji Meguro revient sur Persona 4, et tout particulièrement sur l'utilisation des chansons à la fois dans les cinématiques et les combats, ainsi que sur le rôle joué (ou non) par le scénario du jeu.

Interview réalisée par Jeriaska, traduite par Ryojiro Sato. Le texte est disponible en anglais sur GameSetWatch, en italien sur Gamesource.it et en japonais sur Game Design Current.

M. Meguro, merci de vous joindre à nous pour discuter de la bande originale de Persona 4. Shin Megami Tensei: Devil Summoner 2 va bientôt sortir en Amérique. La bande originale joue-t-elle un rôle essentiel dans la création de l'ambiance de l'ère Taishô, au début du XXème siècle au Japon ?

Shoji Meguro : Les musiques de la bande originale ne visent pas toutes à représenter l'ère Taishô, à travers des instruments traditionnels japonais ou des mélodies spécifiques. La série Raidô dispose d'une atmosphère unique, et quand j'ai réfléchi aux musiques, j'ai voulu correspondre à cette atmosphère.

Dans le thème d'ouverture, c'est le shakuhachi qui permet de définir la période. Il s'agit d'une flûte en bambou à embouchure libre. Je crois que pour la plupart des gens, elle produit un effet immédiat. Je trouve que cet instrument seul suffit à reproduire l'atmosphère de l'ère Taishô.


Certains sites tels que Gamasutra et Kotaku ont décelé la thématique de la personnalité refoulée dans Persona 4. Cette thématique semble évoquée dans les titres des pistes, "Pursuing My True Self" et "Reach Out To The Truth". Avez-vous délibérément cherché à refléter le leitmotiv de l'aveuglement à son propre égard ?

On peut dire qu'il existe un lien entre la logique absolue et la bande originale de Persona. A propos de mon travail en tant que compositeur, le thème d'ouverture "Pursuing My True Self" m'a d'une certaine manière aidé à souligner la psychologie des personnalités explorées par la bande originale.

Si en apparence, les protagonistes se conduisent calmement, en réalité ils sont en conflit. Le thème de combat "Reach Out To The Truth" exprime la forte détermination de ces personnages alors qu'ils cherchent à triompher de leurs conflits intérieurs.

"Reach Out To The Truth" sert d'accompagnement aux combats à l'intérieur du Midnight Channel. La chanson fera partie du programme du concert Press Start: Symphony of Games, une première pour la série. Comment avez-vous travaillé avec la chanteuse Shihoko Hirata pour insuffler autant de dynamisme émotionnel dans la chanson ?

J'ai commencé par chercher une chanteuse capable de représenter le contexte de Persona 4, et c'est comme cela que j'ai rencontré Shihoko Hirata. Sans aucune hésitation, j'ai été convaincu que Mme Hirata devait faire du projet. En ce qui concerne le résultat dans la bande originale, j'ai pu lui faire confiance et ainsi lui laisser exprimer le degré d'émotion très difficile que la chanson exigeait.

En écrivant "Pursuing My True Self", connaissiez-vous les éléments de l'histoire tournant autour d'un mystérieux assassinat ou bien des conflits intérieurs des personnages ?

J'ai écrit la musique de l'ouverture avant, mais j'avais bien reçu un aperçu très schématique du scénario. Pour cette raison, composer une bande originale ressemble à l'écriture d'une histoire. D'abord, il faut absolument avoir en tête l'impression générale, puis ensuite s'intéresser aux petits détails tels que la mélodie de chaque piste. Personnellement, je bâtis un cadre pour me guider dans mon avancée. Ce n'est qu'ensuite que je commence à composer. Les petits détails s'ajoutent en même temps que l'histoire se développe, et que les dialogues parlés sont enregistrés.

La bande originale semble avoir été encore mieux accueillie que ce qui était attendu. Comment expliqueriez-vous le succès de cet album ?

Quand le moment est venu de publier l'album, une très grande attention a été apportée à chacune des pistes. Les chansons, en particulier, ont été corrigées pour que la balance soit optimale. La masterisation a été optimisée pour l'enregistrement en 24 bit/48 kHz.


Qui a écrit les paroles de ces chansons ?

C'est le travail de Reiko Tanaka. Nous avons travaillé sur trois chansons ensemble depuis Persona 3. Ses paroles en anglais sont excellentes.

Selon une interview dans le magazine Play, votre première piste pour Atlus était "Aria of Soul", le thème de la Velvet Room du premier Persona. Comment avez-vous conçu le remix de la chanson dans la bande originale de Persona 4, publiée par Aniplex Records au Japon, et comment aimeriez-vous arranger la piste à l'avenir ?

"Aria of Soul" se retrouve sous la même forme dans Persona 3 et 4. J'ai trouvé que la chanson avait été très bien reprise dans le précédent épisode. C'est pour cela que les prochains arrangements devraient être similaires en terme de structure. J'ai une petite idée pour les prochaines évolution du thème, mais c'est encore un secret. (rires) "Electronica in Velvet Room" a été ajoutée dans la bande originale en tant que piste bonus, elle n'a donc aucun lien avec le jeu.

Pour conclure, vous avez dit dans une précédente interview que vous avez étudié la construction mécanique à l'université. Cette formation a-t-elle bénéficié à votre travail dans le domaine de la musique électronique ?

Jusqu'à mon arrivée à l'université, je savais que je voulais devenir scientifique (au lycée, je m'étais concentré sur les mathématiques et la science), et je m'intéraissais beaucoup à la technologie. A l'époque, je trouvais cela naturel que cet intérêt concerne aussi les instruments de musique électronique.

Pour quelqu'un qui s'intéresse à la composition pour les jeux vidéo, c'est un avantage certain de se retrouver dans un bâtiment rempli d'ordinateurs. En ce sens, mon expérience de la programmation depuis le lycée a été extrêmement utile.

[Images : Atlus. Vous pouvez acheter la bande originale de Persona 4 en import sur Amazon.co.jp.]

jeudi 30 avril 2009

Interview vidéo avec Noriyuki Asakura

Vous avez peut-être déjà lu l'interview avec Noriyuki Asakura publiée il y a quelques semaines. Si vous désirez voir l'homme répondre en personne aux questions, c'est possible, grâce à cette vidéo qui reprend l'interview, avec quelques petites informations inédites en guise de bonus. Et, bien sûr, un accompagnement musical permettant de cerner la fameuse "musique progressive asiatique" théorisée par le musicien.